La Pelle du fossoyeur
Raphaël Martin
N’entends-tu pas à l’aube la litanie brumeuse du forçat des brouillards? Passe ton chemin, renard des cimetières, les cris de mes vieux os de ferraille auront tôt fait de t’ennuyer. Au jour levé, je sonne le tocsin d’un notaire. Le soir, c’est le dernier soupir d’une putain que j’enterre. Combien d’anciens vivants ai-je ainsi alignés au cordeau de ces tristes allées?
Ô visages tordus, je vous ai trop vus! Tant et tant qu’une fois ma besogne achevée ne me viennent aux joues que des perles de rouille et des larmes de boue. C’est ainsi seulement que je prie pour vous.
Je ne suis qu’une vilaine pelle, esclave du fossoyeur qui hante cet endroit. Comme je hais ces mains noirâtres qui, dans l’air encore acide du matin, traînent ma pauvre carcasse pour me prendre à revers et me casser les reins! Et qu’ai-je fait pour qu’on me jette au travers d’un talus à l’heure où les pleurs se sont tus? Pourquoi n’ai-je droit, moi, qu’au linceul pourri des herbes du fossé? Ah! je voudrais trancher en deux le diable qui fit de moi son instrument, qui ne m’a rendue pelle que pour achever l’ouvrage de sa faux! Comme j’aurais préféré arrondir mes vieux jours aux ordres d’un marmot, au bord d’un océan qui mange le fer des vieux outils et boit le sable des châteaux.
Au sortir des forges de Vulcain, ma vie avait pourtant bien commencé. Brillante, bien joufflue, je paressais au rayon d’un forain. Cela ne dura qu’un temps. Un apprenti jardinier fit de moi sa propriété. Le jeune homme était de nature légère. Il me couchait au chaud dans sa remise, caressait mon tranchant au bord de sa chemise. L’ingénu riait de m’appeler sa belle quand il était enrhumé. J’ai fini par l’aimer. À l’ombre bienfaisante de son chapeau de blé, nous avons retourné le sol de nos campagnes. Nous volions de jardin en verger, de pépinière en potager, nous travaillions tant et si bien qu’un jour nous parvînmes au faîte de notre renommée. Une comtesse nous y cueillit à point nommé et nous embaucha au chevet des fleurs de son palais.
Ah! la belle aventure! Rien moins que six valets pour ma seule personne! Tous les matins, j’étais brossée, lustrée, affûtée avec le plus grand soin. Et, quand j’étais bien apprêtée, je trônais en déesse au flanc de mon roi paille, tiré par six chevaux. Souviens-toi, jardinier, la mélodie rieuse que chantait au soleil ma voix de châtaignier. Chaque bourgeon éclos célébrait notre noce. Camélias, bleuets, giroflées valsaient à la cadence de tes coups de talons. Mon tendre amour, combien de révérences leur fis-tu, appuyé à mon bras? Oh! toi qui me faisais la vie belle, nous vivions trop heureux et nous étions bien sots! Nous n’avons pas su voir les nuages sinistres qui s’amoncelaient aux remparts du château.
C’est ainsi que les mélodies sucrées de ce paradis se sont éteintes sans crier gare, à la saison où percent les fleurs de souci. Un tintamarre grotesque et plein d’acier a traversé les grands murs, couché les herbes folles et livré à l’enfer les âmes végétales de ce jardin secret. On crut d’abord à une mascarade du marquis d’à côté. Mais ce prince trop usé, qui faisait autrefois plus de fêtes qu’il y a de jours dans l’année, n’avait plus le sou ni le cœur à entretenir des invités. Non, ce n’était pas de carnaval qu’il s’agissait. Ce tonnerre fatal sonnait l’entrée en lice des seigneurs de la guerre. En quelques heures à peine, l’armée visqueuse de ces géants brutaux a envahi nos fossés et enfoncé la grille du palais. Elle a jauni le vert de la pelouse, brûlé les terres, consumé les bourgeons de nos tendres pensées. Puis, elle t’a englouti, toi, mon beau jardinier, dans son flot de nausée. Ton chapeau d’infortune a servi de mouchoir au général en chef de ces épouvantails.
Ô dieu qui nous faisais la vie belle, nous vivions trop heureux et nous étions bien sots. Fallait-il pour autant que tu livres notre amour en pâture aux corbeaux?
Sache, mon jardinier, qu’on m’emmena moi aussi suer au front des militaires. À chacune de leurs batailles, j’ai creusé mille trous à leur taille. J’ai percé des tranchées où s’écoulait le jus des armées en campagne. Et lorsque les fusils ont perdu la raison, faute de munitions, on s’est servi de moi pour terminer l’ouvrage. J’ai hurlé à la mort, je n’étais qu’un otage, on m’a prise en renfort. On a tranché des gorges au fil de mon rebord, achevé des blessés d’un poinçon aux entrailles. Chiens, femmes, fils de paysans, tant d’innocents brisés sous mes coups de ferraille. Combien de braves gens ai-je arrachés à leur maison pour les remettre en terre? Le goût de leur sang a rongé ma jeunesse et usé mon tranchant. Et, quand il n’est plus resté aucun vivant assez jeune, pour seule récompense de cette ignoble carrière on m’a condamnée aux travaux forcés du cimetière.
Ô mon premier amant, me reconnaîtrais-tu labourée par le temps? Peut-être es-tu de ceux que les armes ont fait taire? J’ai trop martelé mon désespoir contre les cailloux silencieux, j’ai trop souffert. À présent les oiseaux du passé se sont tus, la mort m’est due. Chaque jour j’espère que mon vieux bois éclate sous la charge maudite de ces graviers morbides. Que ma tête se casse au coin d’une pierre plate, le temps d’une étincelle; qu’on donne l’oraison de la maudite pelle, qu’on la mette au rebut! Et qu’on n’en parle plus.
© Raphaël Martin: paru dans La Rumeur des choses publication du DESS d'Édition de La Sorbonne, mars 2004. FESTIVAL LA RUMEUR DES CHOSES sur Pleutil du 18 au 26 mars
| Anne Clerc | Pourquoi vous avez décidé de publier la correspondance que vous avez entretenue avec Georges Perros ? On vous l’a proposé ou avez-vous pris vous-même cette initiative ? | Cet est donc in |
entretien tout à fait édit |
| Michel Butor |
Comme vous le savez, ça s’est fait en deux fois : j’ai commencé par publier les lettres de Georges Perros, puis après ça c’est un éditeur qui m’a demandé de publier l’ensemble de la correspondance, enfin ce qui a été retrouvé bien sûr. Alors au début, j’ai eu envie de publier cette correspondance parce que je la trouvais très belle et puis Georges Perros était mort, et il y avait le danger très fort qu’il tombe complètement dans l’oubli. Mais ça ne s’est pas du tout passé comme ça et la correspondance a joué un rôle dans cette espèce de notoriété qu’il a prise depuis. | ||
| Ses lettres sont très belles, certaines sont comme des poèmes en prose. Et j’ai publié d’abord uniquement ses lettres, parce que, c’est ses lettres qui étaient intéressantes, et moi, mes lettres, ne l’étaient pas spécialement... Enfin vous avez lu, vous savez comment j’écris. J’écris des espèces de petites notes très vite, très courtes, pour entretenir la correspondance. Georges a aussi une correspondance brève, c’est très rare qu’il y ait des lettres qui dépassent une page. Mais souvent, les miennes sont encore plus courtes. Alors ce n’est pas très intéressant, mes petites indications. L’éditeur Joseph K., a eu envie d’avoir l’ensemble de la correspondance parce que les lettres s’expliquent les unes les autres. Il y a des quantités de détails dans les lettres de Georges Perros qui sont difficilement compréhensibles si on n’a pas la lettre à laquelle il répond ou disons, pas forcément la lettre même à laquelle il répond, mais l’ensemble de mes lettres. | |||
| Dans l’ensemble de la correspondance vous avez toujours le même style. Je voulais savoir si vous aviez toujours la même approche dans vos correspondances avec vos différents correspondants, ou est-ce toujours la même manière de procéder quand vous rendez compte de votre travail ? | |||
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M.B. : Oui je crois que c’est toujours la même chose, c’est pour ça que je ne trouve pas que ce serait intéressant de publier ma correspondance complète. Mes interventions sont intéressantes à cause des lettres auxquelles elles répondent et qu’elles vont susciter. Sinon, j’écris beaucoup de lettres et ce n’est pas du tout énorme par rapport à certaines personnes, mais disons qu’en gros, j’envoie une dizaine de lettres par semaine alors ça fait beaucoup au bout d’un certain nombre d’années. Ces dix lettres que j’envoie la même semaine et que je fais le même jour ou bien sur deux jours, j’y dis à peu près la même chose. Alors on peut dire qu’il y a deux parties dans mes lettres : il y a une espèce de journal d’informations, des indications sur l’état de la maison, qui est à peu près identique pour les dix correspondants, et puis il y a une partie spéciale pour chacun, souvent des réponses à des questions. Je pense à quelqu’un, il faut que je lui réponde, j’ai une lettre qui se fait dans ma tête déjà. Parfois je fais complètement autre chose et quand je referme ma lettre je me dis " j’ai complètement oublié de dire ce pourquoi j’écrivais ", quelque fois je mets un Post Scriptum sur l’enveloppe. Il y a toute une correspondance imaginée, et puis la correspondance véritable, ce qui effectivement est écrit. Mais vous voyez, Georges Perros écrivait surtout de la correspondance, et donc lorsque sa correspondance sera complètement publiée ce qui est très loin d’être fait, on s’apercevra qu’il écrivait énormément. Si j’écrivais une dizaine de lettres par semaine, et j’écris toujours un dizaine de lettres par semaine, je pense que lui écrivait une vingtaine de lettres par semaine. |
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J’ai abordé la correspondance sous trois aspects : d’abord comme un document historique, en sachant que vous ne parlez pas beaucoup des événements qui se sont passés à cette époque. J’ai donc noté deux grands événements : mai 68 et ensuite le manifeste des 121 lorsque vous vous êtes engagés et qui est lié aux Éditions de Minuit. |
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M.B. : Les Éditions de minuit, c’est personnel. Pour mai 68 ou le manifeste des 121, c’est l’histoire avec un grand H, tandis que mes démêlés avec les Éditions de Minuit, c’est des affaires de boutiques. |
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Ensuite, j’ai choisi d’aborder le style épistolaire. La manière d’écrire des lettres, surtout chez Perros et de transmettre l’information. En outre, le fait qu’il y ait certaines de vos lettres qui soient perdues, notamment sur la fin de la correspondance ; cela donne une toute autre tonalité à l’échange. |
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| M.B. : Georges Perros ne datait jamais ses lettres, c’est pourquoi il y a eu des changements entre la première édition et la seconde, parce qu’on a justement pu faire ça mieux, j’avais fait comme j’avais pu, on a donc pu préciser un certain nombre de choses. Moi je date toujours mes lettres. Il avait l’habitude de garder les lettres dans leurs enveloppes. Ce qui fait qu’il n’avait pas besoin de dater parce que si j’avais gardé les lettres dans leurs enveloppes, j’aurais pu retrouver la date avec le cachet de la poste, j’aurai eu la date à peu près, mais bon je ne garde pas les enveloppes parce que je reçois beaucoup de lettres. J’ai déjà beaucoup de mal à mettre de l’ordre dans tout mon courrier, c’est pour ça que j’ai donné toutes mes archives de tout mon courrier à la Bibliothèque Nationale jusqu'à 1996 ou même 1998 je ne sais plus où ça en est maintenant, parce que je n’arrivais plus à conserver tout ça. Alors lui par contre, conservait toutes les enveloppes. J’ai mes lettres à Georges Perros ici, je vais vous montrer. Il va chercher un vieux carton de colis postal contenant ses lettres à Georges Perros. | |||
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Les lettres de Georges Perros sont à la bibliothèque de Nice ou a la BNF ? |
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| M.B. : Les lettres de Georges Perros sont à la bibliothèque de la Faculté des Lettres de Nice. Et je voudrais bien les en enlever et que ça rejoigne la BNF, mais c’est à ces gens là de s’arranger entre eux, je ne peux pas faire tout ça. Il cherche dans le carton, et tend des photos et des lettres dans leurs enveloppes. Alors c’est Tania Poulot, qui m’a envoyé ces lettres que je lui avais demandé après la mort de Georges, justement pour éditer la correspondance, ses lettres. Voilà une des premières lettre que j’ai écrite. Là vous voyez tout est gardé. Il y a évidemment beaucoup d’informations qui étaient sur l’enveloppe. | |||
| J’ai aussi souhaité étudier la façon dont vos lettres avaient évoluées quand vous avez fait les cartes collages. | |||
| M.B. : Pendant un certain temps, j’ai écrit sur des photographies parce que pendant dix ans, j’ai fait des photographies. Plus exactement, de 1951 à 1961. Au bout d’un certain temps, je me suis mis à utiliser ces photographies comme soutien à mes correspondances. Il fouille et trouve une photo très petit format représentant des buildings. Voilà un exemple. Ça c’est Philadelphie, et puis j’écrivais aussi sur des cartes postales. Évidemment, tout ça n’est pas mentionné dans l’édition, il faudrait décrire tout le détail. | |||
| Il y a quand même des petites notes dans la correspondance qui précisent l’origine et la nature du support. | |||
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M.B. : Ah oui, je n’y suis plus. Au bout d’un certain temps, je pense dans les années 1970, j’ai commencé à faire des montages de cartes postales, là il y en a beaucoup, vous en avez vu…
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| J’en ai reçu une, merci ! | |||
| M.B. : À partir de ce moment, tout mon courrier se fait sur des montages, ça me prend du temps, mais pas tellement. Ça m’aide à faire mes cinq à dix lettres dans l’après-midi. Ça me facilite les choses. Voilà les prochaines que je vais envoyées (il tend une série de cartes collages). Il y a aussi beaucoup d’informations qui passent à travers ça. Pas une information tellement précise, mais évidemment, les éléments sont choisis de telle sorte que quelqu’un qui étudierait ça, pourrait relier ça au fait que ceci est un morceau d’une affiche touristique pour un gouffre de la Haute Garonne, voilà, etc. C’est une carte postale que j’ai fait mais qui date d’il y a longtemps, c’était pour l’arrivée de l’an 2000. | |||
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Rencontriez-vous souvent Georges Perros ? |
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M.B. : Au début oui, mais on a commencé à avoir une correspondance régulière à partir du moment ou on ne s’est plus rencontré, c’est ça la correspondance. Quand on se voit une fois par semaine, on n’a pas besoin de s’écrire. Surtout qu’il y a le téléphone maintenant, si on a quelque chose à se dire d’urgent, on prend le téléphone. Et maintenant on prend l’e-mail. Mais à cette époque là, si on se voyait tous les dix jours on avait pas besoin de s’écrire. Les gens qui sont à Paris, ils ne s’écrivent pas entre eux. Mais quand on est ailleurs, on s’écrit. J’ai fait sa connaissance à la fin des années 1950, à peu près au moment où est paru mon premier livre, Passage de Milan. J’ai fait sa connaissance à la NRF dans le bureau de Jean Paulhan. Un ami commun, Georges Lambrichs, qui travaillait à cette époque là aux Éditions de Minuit, m’avait fait " entrer " dans cet espèce de sanctuaire de la littérature qu’était à l’époque le bureau de la Nouvelle Nouvelle Revue Française. Et j’ai rencontré là Georges Perros. Et il y a avait un certain nombre d’autres jeunes gens qui m’effrayaient beaucoup. Jean Paulhan m’intimidait beaucoup, j’étais très gêné. Il y avait des jeunes gens qui essayaient tous d’être un petit peu comme lui, de parler comme lui, et ça m’agaçait beaucoup. Georges Perros était vivant au milieu de tous ce gens qui pour moi étaient des espèces d’automates. Alors il était vivant et c’est comme ça qu’on s’est mis à se parler. Pendant un certain temps, je l’ai vu souvent, quand j’étais à Paris. Je le voyais à peu près toutes les semaines. Et puis ensuite, je me suis mis à partir. Parce que souvent je n’étais pas à Paris, donc je suis parti… Les premières lettres datent de 1955, j’ai du lui écrire des lettres quand j’étais en Grèce, à Salonique. Après ça, je lui ai écrit des lettres de Suisse, bien sûr, de Genève, où j’étais. Puis ensuite, je me suis marié et puis nous sommes partis aux États Unis, etc. Les lettres témoignent surtout des moments où nous étions loin l’un de l’autre et je pense que c’est vrai pour toute correspondance. |
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| Vous arriviez quand même à le voir assez souvent ? | |||
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M.B. : Je le voyais assez souvent, sauf à la fin. J’étais à Nice et lui était à Douarnenez, c’était vraiment très difficile de se voir. Mais on s’est vu un certain nombre de fois car nous allions en vacances l’été ensemble au bord de la mer, en Vendée ou en Charente Maritime. Lui venait en moto jusque là. Et dans les derniers moments, quand il était à l’hôpital de Marseille, alors je suis allé le voir une ou deux fois, mais là, on ne se voyait presque plus, forcément. |
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| Georges Perros en tant que lecteur, par rapport à votre œuvre, vous a apporté beaucoup. C’était toujours lui le premier lecteur ? | |||
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M.B. : À partir du moment où je l’ai vraiment connu, oui. Mes premiers livres, je n’ai pas pu les lui donner à lire. Mais je pense qu’à partir de La Modification, je lui ai fait lire le manuscrit. Et après ça, je lui ai envoyé tous mes manuscrits avant publication. C’était un très bon lecteur qui lisait cela très attentivement, il m’envoyait des lignes de corrections orthographiques ; avec de temps en temps des suggestions, des remarques. Ça a toujours été très précieux. |
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Par rapport à d’autres écrivains, comme Sartre ou Camus, on a l’impression que vous êtes distants par rapport aux événements historiques. Je voulais savoir comment vous conceviez l’image de l’écrivain par rapport aux faits qui pouvaient se dérouler à l’époque. |
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M.B. : Évidemment j’ai été très malmené par les évènements politiques, comme tout le monde, et j’ai essayé le plus possible de me tenir à l’écart pour mieux comprendre se qui se passait, pour ne pas être pris par des réactions d’opinion publique trop rapides. À l’écart est le nom de sa demeure actuelle. J’ai connu un peu Sartre, mais il y avait une grande différence d’âge, et lui était tellement célèbre. Mais Camus je ne l’ai pas connu. Je l’ai vu de loin une fois quand il était venu à Salonique faire une conférence. J’étais lecteur ce jour là. Et c’est tout. Je n’en ai pas profité, j’ai eu bien tort, mais j’en ai pas profité pour me présenter, pas du tout. Tandis que Perros, lui, était assez lié à Camus. Ils se connaissaient, je ne sais pas s’il y a des lettres, peut-être bien. Mais alors lui était aussi très retiré, c’était une espèce d’ermite. Après la vie de théâtre, il a choisi de se retirer dans une espèce d’ermitage qui finalement est devenu Douarnenez. Il vivait bien sûr les événements politiques, mais il n’y avait aucune espèce de raison pour lui d’y participer directement, ceci dit, on est quand même venu le chercher. Il y a eu des moments où on lui a demandé, et il n’était pas question pour lui de se dérober, pas plus que pour moi. Mais dès que la tension retombait, je pense en particulier aux événement autour de mai 68, et qu’il était possible de retrouver un peu de calme pour avoir une vision un peu plus claire, alors évidemment, on en profitait. |
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En dehors du duo que vous formez dans la correspondance, quelles étaient les autres personnes qui gravitaient autour de vous, les amis ? Beaucoup de noms sont mentionnés dans la correspondance mais y a t-il des gens auprès de qui vous vous sentiez plus proches ? |
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M.B. : Oui, il y avait une sorte de cercle, ceci dit, il avait une correspondance très importante en dehors de ce petit cercle, avec des gens plus âgés que lui, Jean Paulhan, etc. Et puis aussi des gens plus jeunes que lui. Alors le petit cercle dont je parle c’était en particulier, Georges Lambrichs et Pierre Klossowski. Comment dire, on ne passait pas des vacances ensemble, c’était plus subtil que ça. Nous connaissions Pierre Klossowski comme écrivain auparavant, mais nous nous sommes beaucoup rapprochés lorsqu’il y a eu cette aventure du théâtre de société. Vous voyez, dans le livre de Pierre Klossowski qui s’appelle Les lois de l’hospitalité, il y a une partie qui s’appelle Le Souffleur et là, il raconte une tentative de faire du théâtre avec son livre, Roberte, ce soir. alors on se retrouvait. Il m’avait demandé de jouer le rôle d’Antoine. Et il avait demandé à Perros de jouer le rôle d’Octave. Il avait demandé à d’autres personnes de jouer les personnages fantastiques. Mais ça n’a jamais marché. Et c’était sa femme Denise qui jouait son propre rôle. Alors ce qui était curieux c’était que Perros jouait devant Pierre Klossowski le rôle de Klossowski. Il y a eu de nombreuses répétitions dans l’atelier de Balthus, le frère de Klossowski, cours d’Oran. C’est là que Klossowski vivait à ce moment. Alors nous répétions. Il y avait des moments où c’était très amusant, il y a des moments où c’était très difficile, très gênant. Alors lorsque nous sortions, nous avions absolument besoin de nous libérer un peu. On buvait des bières, on parlait beaucoup, de Klossowski et d’autres gens. Dans les lettres, il y a beaucoup d’allusions au couple de Klossowski, Pierre et Denise, et au couple Lambrichs, Georges et Gilberte. |
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Vous mentionnez également souvent Roland Barthes. |
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M.B. : À une certaine époque, c’était un peu plus tard que l’histoire du théâtre de société, Roland Barthes a vu assez régulièrement Klossowski, ils habitaient tout près l’un de l’autre. Lorsque nous avons fait les répétitions du théâtre de société, il était chez Balthus, cours d’Oran, près du métro Odéon. Mais auparavant, Pierre Klossowski habitait avec sa mère tout près de St Sulpice. Et Roland Barthes aussi, habitait chez sa mère, dans la rue d’à coté, il y avait la rue Féroux et la rue Servandoni. Quand ils se sont rendus compte qu’ils étaient aussi proches alors ils se sont vus et il y a eu un assez grand nombre de réunions chez Balthus, dans son appartement car il n’était pas là. Des réunions où Roland Barthes et Denise Klossowski, ou Georges Perros faisaient du piano à quatre mains. Et moi, quelquefois je chantais. |
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Et sinon, en ce qui concerne l’œuvre de Roland Barthes on a l’impression que tous les deux vous l’admiriez beaucoup. |
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M.B. : On admirait beaucoup l’écrivain et on aimait beaucoup l’homme, il y a eu un moment où il s’est éloigné de nous. Ça se passe souvent comme ça. Il a été capté on peut dire par le groupe de Tel quel, qui montait une garde jalouse autour de lui, et puis il est devenu professeur au Collège de France. Très souvent les gens qui réussissent, sont d’une certaine façon beaucoup plus difficiles à voir. Dans les dernières années on le voyait beaucoup moins. |
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| La correspondance est également traversé par la musique, notamment lors de votre expérience avec Henri Pousseur. C’était un point commun aussi dans votre relation avec Georges Perros ? | |||
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M.B. : Henri Pousseur est un très bon ami aussi, je ne sais pas s’ils se sont jamais rencontrés, peut-être une ou deux fois, mais il admirait Perros, en particulier comme écrivain. Georges Perros aimait beaucoup la musique, c’était très important pour lui la musique, c’était très important pour lui d’avoir un piano, et à Douarnenez pendant quelque temps, il a un peu gagné sa vie comme professeur de piano. Et donc il jouait beaucoup. Mais son jeu c’était toujours de la lecture, c’était toujours du déchiffrage de choses qu’il connaissait par cœur, mais vous voyez, il n’a jamais travaillé un morceau. Autrefois quand il était jeune sûrement, mais après non, c’était pour lui un instrument de perception, il n’a jamais mis au point un morceau pour le faire entendre. C’était toujours la relation au musicien par l’intermédiaire de la lecture qui l’intéressait. Alors j’aimais beaucoup la musique, on en parlait, seulement moi je ne jouais pas de piano. J’ai chanté un peu. Avec lui on déchiffrait du Schubert. |
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| Par rapport à la critique, par exemple avec Mobile, on a vraiment l’impression dans la correspondance que vous avez été victime de la critique et qu’il y a quelque chose d’assez fort par rapport à cette notion, l’impression d’avoir été incompris. | |||
| M.B. : Bien sûr, c’est tout à fait normal, je ne suis pas le seul dans ce cas là. Tous les écrivains un peu importants ont eu un peu maille à partir avec les critiques. Forcément, lorsqu’on apporte quelque chose d’un peu nouveau, on dérange, et puis, les gens ne sont pas habitués, ils ne savent pas comment lire, ils ne comprennent pas. Il y a des moments où c’est très difficile, pour moi c’était très important d’avoir la confiance de quelqu’un comme Georges Perros qui me disait " vas-y continue, c’est formidable ", sans ça c’est très difficile car on est tenté de se dire " j’ai été trop loin " ou " il faut que je m’assagisse, je vais écrire mon bon petit roman… " alors il m’a beaucoup aidé pour ça, mais j’ai aussi beaucoup été aidé par tous les autres écrivains que j’admirais. | |||
| Sinon quel regard posez-vous sur l’œuvre de Perros : les Papiers Collés, Une vie ordinaire ? | |||
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M.B. : J’aime beaucoup. L’œuvre de Perros, c’est Papiers Collés, et puis un certain nombre de poèmes. En tout, ça fait un gros volume. J’aime beaucoup, je suis touché. Le premier volume des Papiers Collés, sont des textes antérieurs à notre rencontre. Tandis qu’ensuite, tous les textes de Papiers collés 2 et 3, et puis des poèmes, je les ai vus naître ! Lui aussi, de temps en temps, il m’envoyait des copies, parce qu’il pensait que ça m’intéressait, ce qui était vrai, puis il voulait avoir un peu mon avis, mon sentiment. |
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| Comment expliqueriez-vous le fait qu’il soit si peu connu ? Parce qu’il souhaitait avoir une position de repli ? | |||
| M.B. : Tout à fait, il n’a jamais cherché à se faire connaître. Jamais. Il était. Ce rôle qu’il jouait comme ça, cet espèce de confesseur, vous voyez, d’oreille attentive, c’était très important pour lui. Il sentait qu’il avait de cette façon là une place et un rôle uniques et qu’il agissait très fortement de cette façon là. Il n’allait pas essayer d’avoir des prix littéraires, d’ailleurs il en a eu des prix littéraires, alors pas le genre Goncourt, tout ça, mais il a été un peu reconnu, à la fin de sa vie. | |||
| Quel rapport avait-il avec la publication de ses œuvres tout en sachant qu’il ne cherchait pas la notoriété ? | |||
| M.B. : Il ne la cherchait pas, mais par exemple quelqu’un comme Georges Lambrichs a joué un grand rôle dans ses publications. Il était très heureux d’être publié parce que ça élargissait justement ce cercle d’amis et il y a beaucoup de gens qui l’ont découvert par des publications, évidemment. Parce qu’il publiait dans des revues comme la NRF ou d’autres, et puis il y eu ses livres et beaucoup de gens ont été frappés par Papiers Collés ou Une vie ordinaire. Ils se sont dits : " tiens, là, il y a quelqu’un " et qui lui ont écrit, qui ont voulu le connaître, ça a fait d’autres correspondances encore. Je pense notamment à Lorand Gaspar, etc. | |||
| Les revues ont joué un rôle important, pour vous comme pour lui ? | |||
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M.B. : Pour lui, il y a une revue qui a joué un rôle important, la NRF de l’époque. À l’intérieur de laquelle il écrivait. La NRF de l’époque qui était dirigée par Jean Paulhan et Marcel Arland. Mais c’était évidemment Jean Paulhan. Puis après ça, il y a eu Georges Lambrichs qui lui a demandé de faire ses chroniques sur la télévision, pour lui c’était très importants ces contacts par l’intermédiaire de cette revue prestigieuse. Il a publié dans d’autres revues quand on lui demandait mais, certainement ça a joué un rôle beaucoup moins important. |
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| Et pour vous ? | |||
| M.B. : Au début, quand j’ai publié dans la NRF, c’était très important. C’était une espèce de consécration de publier dans la NRF. Une autre revue qui a joué un rôle très important aussi, a été Critique. Au moment où c’était dirigé par Georges Bataille. Pour un jeune écrivain, c’était une consécration aussi de publier dans Critique. En dehors de ça les autres revues, je ne sais pas. J’ai publié dans des centaines de revues, je ne sais plus les noms. Lui aussi a publié dans Critique, mais un article je crois, sinon il a publié régulièrement dans la NRF. Ça c’était important pour lui. | |||
| La NRF a perdu de son prestige ? | |||
| M.B. : Ce n’est pas comparable. | |||
| Qu’avait-elle dans les années cinquante qu’elle n’a plus aujourd’hui ? | |||
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M.B. : Il y avait à la tête des gens qui avait un goût très sûr et qui publiaient souvent des choses qui étaient très intéressantes. Tous les écrivains un peu importants de cette époque là ont publiés dans la NRF. Il y a eu la NRF de Paulhan. Et celle d’avant la guerre bien sûr, revue très prestigieuse. La NRF d’après la guerre, sous la gouverne de Paulhan, ça avait retrouvé tout à fait le prestige de la NRF d’avant la guerre. Quand Paulhan est mort, la NRF a ensuite été dirigée par Marcel Arland et Dominique Aury, c’était surtout Marcel Arland, qui avait moins de flair et moins d’audace que Jean Paulhan. À ce moment là, Georges Lambrichs a dirigé une petite revue très intéressante qui s’appelle Les cahiers du Chemin, c’est une revue qui au début avait ce format là. Il montre un demi A4. Toute petite. Et alors là aussi, Les cahiers du chemin, c’était une espèce de revue modèle. Georges Lambrichs essayait de faire sa NRF à lui et il a bien réussi, c’est à dire que chaque numéro est remarquable. Presque tout était très intéressant. Il y a eu Les Cahiers du Chemin, et ensuite, une nouvelle formule un peu plus grande et puis finalement, Georges Lambrichs est devenu directeur de la NRF, Les cahiers du Chemin n’avaient plus de raison d’être, mais ce qu’il a fait à la NRF est beaucoup moins bien. La NRF s’est un peu endormie et affadie avec ses directeurs successifs, aujourd’hui c’est un souvenir. Il se publie une espèce de numéro par an qui est tout à fait médiocre. Il n’y a rien d’intéressant. |
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| Êtes-vous encore en contact avec les proches de Perros ? | |||
| M.B. : Non, plus du tout, je ne suis pas revenu à Douarnenez depuis la naissance du fils aîné : Frédéric. Nous étions allés à Douarnenez spécialement pour ça. Et puis nous avons passé des vacances à Douarnenez. En regardant la correspondance vous devez savoir ça mieux que moi ; depuis, je ne suis jamais retourné à Douarnenez. Frédéric je l’ai vu tout petit, ensuite je ne l’ai pas vu du tout grandir. Je n’ai plus de relation avec eux. Ils doivent se souvenir de moi, mais ça fait trente ans que je ne les ai pas vus. | |||
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Il y a des lettres manquantes dans la fin de la correspondance. |
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| M.B. : J’ai gardé à peu près toutes les lettres et lui gardait toutes les lettres que je lui ai envoyées. Mais il y a eu des déménagements. Les lettres de la dernière année n’ont pas été retrouvées. Peut-être seront-elles retrouvées, dans un carton, une malle, qui n’a pas été examinée. | |||
| Que trouvait-on dans ces lettres, qui correspondent à une période très difficile pour Perros ? | |||
| M.B. : Je n’en sais rien. je suis incapable de reconstituer ce qu’il y avait dans ces lettres. Entre chacune de ses lettres il y avait une lettre de moi, ça c’est certain, mais voilà, elles ne sont pas là. | |||
| L’absence de ces lettres crée une tonalité très triste. On a l’impression d’avoir affaire à un monologue. | |||
| M.B. : Oui, bien sûr, à la fin ça devient ça. C’est le hasard qui fait ça. Un paquet a disparu, un cinquantaine tout au plus. | |||
| Par rapport à votre œuvre, votre correspondance apporte moins de clefs de lectures sur vos ouvrages que les lettres de Perros. | |||
|
M.B. : On trouve des indications historiques sur mes livres, on peu savoir qu’à tel moment je travaillais sur ce truc là. Pour un historien, c’est un document très précieux. Mais évidemment je n’explique pas et je n’avais pas à le faire car j’envoyais le texte. Il m’est arrivé plusieurs fois de lui envoyer deux ou trois fois le même texte parce que j’avais tenu compte de ses remarques et j’avais fait des transformations assez grandes alors je lui renvoyais pour voir l’effet que ça lui faisait. |
|||
| Vous avez une écriture différente entre votre œuvre et votre correspondance, ce qui n’est pas le cas chez Perros. | |||
| M.B. : J’ai une écriture différente selon les livres que j’écris. Le style de La Modification et de L’emploi du temps sont tout à fait différents du style de Mobile ou des chansons que j’écris maintenant. En profondeur, tout ça c’est quand même le même chose, mais en surface, c’est très varié, j’ai fait tout ce que j’ai pu pour que ce soit aussi varié que possible. Je n’ai plus fait de roman car à partir d’une certaine date j’ai été embarqué |
ANNE CLERC
131, rue Legendre
75017 PARIS
26 ANS
Port. : 06 07 64 32 45
e-Mail : nanclerc@yahoo.fr
EDITRICE
Novembre 2005 à juin 2006 - EDITIONS BAYARD JEUNESSE (CDD)
Editrice junior fiction jeunesse 7/10 ans
Participation à la réalisation du programme éditorial , en lien avec
le Directeur Editorial. Cela comprend :
La définition de la politique éditoriale, l'élaboration du programme et le suivi de sa réalisation (environ 20 titres) pour les romans et les collections de poche :
"Millézime", "Estampille", "Bus magique", "Cabane magique", "Chair de poule", "Coeur Grenadine"...
La recherche d'auteurs, de traducteurs et la recommandation de leur sélection.
La lecture de manuscrits ainsi que leur sélection.
La participation aux prises de décisions concernant la réalisation physique des ouvrages et le choix des illustrations.
Le suivi éditorial des ouvrages (planning de production, rédaction de quatrièmes de couverture, suivi des crayonnés, participation à la promotion) en lien avec la fabrication, le studio et l'équipe commerciale, ainsi que le suivi des réimpressions.
La gestion administrative de la production (demandes de codes ouvrage, de contrats, de paiements, élaboration des comptes d'exploitation...).
La rédaction des argumentaires et la participation aux réunions trimestrielles de représentants (SOFEDIS) pour la promotion et la vente des ouvrages de son domaine de responsabilité.
Avril 2004 à octobre 2005 - EDITIONS MONDEOS (stage puis CDI)
Editrice pour les guides de voyage « Mondéos »
Planification et suivi éditorial de la remise du manuscrit au BAT : étude de marché, suivi des plannings, recherche d'auteur, préparation de copies, des chemins de fer, réécriture, correction des ozalids et des cromalins, gestion iconographique et cartographique.
Coordination des intervenants externes (auteurs, maquettistes, correctrices, traducteurs et imprimeur).
Etablissement des contrats, des devis et des budgets.
Suivi complet d'une vingtaine de titres (Pologne, Suède, Chili, Asie Centrale...)
Définition du principe de maquette pour un guide thématique (thalasso et spa), Guide Bien-être pour "Nouvelles Frontières". Recherche iconographique, brief avec le client pour créer une maquette à l'image du groupe.

Editrice pour les versions allemandes des guides «Mondéos »
Gestion et suivi des traductions en allemand (11 titres).
Assitance à l'édition des guides thématiques «Balado»
Relecture, corrections des textes et sélection iconographique (1 350 balades en région : PACA, Rhône-Alpes et Bretagne), soit 15 fiches / jour.



2004 - EDITIONS DU JAGUAR/ EDITIONS DE LA DECOUVERTE / EDITIONS SOLAR / EDITIONS PLAY BAC
Secrétariat d'édition (missions ponctuelles en free-lance)
Principalement pour des tâches de recherche iconographique, de correction d'épreuves et d'intégration de corrections (sous X-Press).
- http://www.leseditionsdujaguar.com
Avril à juin 2003 - EDITIONS LAROUSSE (stage de 6 mois, puis missions en free-lance)
Assistante d'édition au sein du département Gastronomie et Vins
Préparation de copies, réécriture, vérification des contenus, gestion iconographique et rédaction du glossaire pour Le Larousse de la cuisine saine et gourmande.

Adaptation, vérification, réécriture et corrections pour le CD-Rom du Grand Larousse de la Cuisine. FORMATION UNIVERSITAIRE
UNIVERSITE SORBONNE PARIS IV
2004 - DESS d'Edition
Mémoire portant sur les guides touristiques grand public.
Réalisation et publication d'un recueil de nouvelles,
La rumeur des choses (tirage 500 exemplaires).
Co-réalisation du site Internet : http://dessedition2004.etudiants.paris4.sorbonne.fr/
2002 - Maîtrise de lettres modernes (mention Bien)
Mémoire portant sur l'« Etude de la correspondance entre Georges Perros et Michel Butor » : publication de l'entretien réalisé avec Michel Butor : voir article associé.
COMPETENCES CENTRE D'INTERETS ET ENGAGEMENTS





